Action sociale du Casip
Benevoles du Casip
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Notre histoire

L’origine et la création du CBIP en 1809

Dans le judaïsme, l’aide au prochain, désignée en hébreu par le terme tsedaka, est une valeur fondamentale. Ce mot signifie en réalité “justice” ou “droiture”, et implique une obligation de rétablir un certain équilibre entre riches et pauvres. Les versets de la Bible appelant à la charité s’inscrivent donc dans un contexte bien plus profond que la simple entraide.

 

« S’il y a chez toi quelque indigent d’entre tes frères, dans l’une de tes portes, au pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne, tu n’endurciras point ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère indigent. Mais tu lui ouvriras ta main, et tu lui prêteras de quoi pourvoir à ses besoins. » (Deutéronome 15 : 7 - 8)

 

De fait, les communautés juives ont toujours été dotées d’institutions chargées de collecter et de redistribuer les nombreuses donations des fidèles.

Au début du XIXème siècle, Napoléon Ier charge le Consistoire de Paris de réformer et de centraliser ces sociétés de bienfaisance. Ainsi est créé, le 24 octobre 1809, le Comité de Bienfaisance Israélite de Paris (CBIP).

 

La modernisation et le développement du CBIP (1839 – 1900)

À partir des années 1830, des hommes politiques et des hommes d’affaires, tous philanthropes - Adolphe Crémieux, Baruch Weill et plusieurs membres de la famille Rothschild, pour ne citer qu’eux, mettent leur talent et leur notoriété au service du Comité. Sous leur présidence, des écoles, des orphelinats, des dispensaires, des hôpitaux, dont celui du 76 rue Picpus, - Fondation James de Rothschild - ainsi que la maison de retraite “Moïse Léon” pour femmes âgées voient le jour.

 

Le Comité se modernise en adoptant en 1839 de nouveaux statuts, qui introduisent des outils de contrôles (enquêtes, statistiques, publication de rapports financiers) et des moyens supplémentaires pour multiplier les recettes (quêtes, souscriptions, loteries, etc.). Pour s’occuper des nécessiteux israélites de Paris, au nombre de 2 000, le Comité procède à une diversification de ses services, incluant aussi bien la distribution de biens de première nécessité que d’aides d’ordre cultuel. Les indigents reçoivent ainsi des bons de nourriture ou de repas cachers, des combustibles pour se chauffer, des vêtements, des secours en argent pour payer des dots, des loyers, des outils de travail ou encore les frais liés aux services funèbres. La diversification des services du CBIP, marquant un progrès de la bienfaisance, sera récompensée en 1900 lors de l’Exposition universelle, à Paris. En 1887, reconnu d’utilité publique, le Comité doit renoncer à certaines de ses aides cultuelles, notamment la distribution des pains azymes, l’organisation de repas de Pâque ou encore l’octroi de subventions pour les bains rituels.

 

L’accueil des juifs d’Europe orientale et centrale (1881 – 1942)

Dès la fin du XIXe siècle, aux secours que le Comité apporte aux indigents de Paris, s’ajoutent ceux octroyés dans l’urgence aux juifs en provenance d’Europe centrale et orientale fuyant la misère et les pogroms. Dans l’entre-deux- guerres, la France accueille par milliers des juifs venus des Balkans, puis, après l’arrivée de Hitler au pouvoir, dans une moindre proportion, d’Allemagne, d’Autriche et de Tchécoslovaquie.

 

Le CBIP les assiste dans la mesure de ses capacités financières. Dans les années 1930, la question de l’aide à fournir aux réfugiés juifs allemands suscite d’importants débats au sein du Comité à cause de l’accroissement de l’antisémitisme en France, tout comme ce fut le cas lors de l’arrivée massive des juifs russes à la fin du XIXe siècle.

 

À la suite de l’occupation allemande, le CBIP est dissous en 1942 par le gouvernement de Vichy. Ses locaux et ses biens sont transférés à l’Ugif (l’Union générale des israélites de France), organisme mis en place par l’occupant. Il ne reprend ses activités qu’à la fin de la guerre. Les pouvoirs publics ont alors pour priorité de rapatrier les prisonniers et les déportés. En revanche, peu de mesures concrètes sont prises en faveur des juifs réfugiés en France.

 

Le Cojasor : un organisme dédié aux réfugiés et aux personnes âgées (1945 – 2000)

Dans ce contexte, l’American Joint Distribution Committee soutient, en 1945, la création du Cojasor (Comité juif d’action sociale et de reconstruction), issu de l’action sociale clandestine durant la guerre, afin de centraliser l’aide matérielle et morale apportée aux survivants de la Shoah en France. Les familles et les personnes âgées sont hébergées dans des établissements situés sur l’ensemble du territoire. Par la suite, le Cojasor poursuivra son activité auprès des réfugiés venus du Moyen-Orient, notamment d’Egypte et d’Europe de l’Est. Il continuera également à gérer les maisons de retraite de Nice et d’Aix-les-Bains.

 

L’accueil des juifs d’Afrique du Nord par le CBIP/CASIP (1950 – 1975)

Après la Libération, la création ou la reprise d’activité de plusieurs organisations d’action sociale juives délimite le domaine du CBIP. En coordination avec le Fonds social juif unifié, il se concentre sur l’aide aux familles nécessiteuses et sur l’accueil et l’intégration des immigrés d’Afrique du Nord pris en charge par des assistantes sociales professionnelles.

En 1963, la notion de bienfaisance étant devenue démodée, le Comité prend le nom de Comité d’action sociale israélite de Paris (Casip).

 

Développement des services et des établissements du Casip (1975 – 2000)

Depuis les années 1970, de nouveaux services sont créés pour répondre au mieux aux besoins des usagers de plus en plus touchés par la crise économique : reconstruction de la résidence Moïse Léon, prise en charge du Bureau du Chabbath pour aider à la recherche d’emplois, assurance de groupe complémentaire santé et “habitation”, hôtel social pour des hébergements d’urgence, halte-garderie pour faciliter l’intégration des enfants des familles défavorisées, foyer pour handicapés mentaux, etc...

Après la fusion du Casip et du Cojasor en 2000, la Fondation Casip-Cojasor reste l’organisme central de l’action sociale de la communauté juive. Elle poursuit l’œuvre des deux associations fondatrices et la développe auprès de 20 000 usagers, créant par exemple un service spécialisé pour les survivants de la Shoah dans la continuité de l’action du Cojasor, rénovant ou construisant de nouveaux établissements pour personnes âgées et pour handicapés mentaux.