Une projection très particulière s’est tenue à l’école Yabné le mardi 22 septembre puisqu’à l’initiative des services de la Fondation Casip-Cojasor, cette rencontre a réuni des personnes âgées et des jeunes lycéens de 1ère. Ensemble ils ont regardé un documentaire retraçant l’itinéraire d’enfants cachés dans le Limousin pendant les années de guerre et en ont débattu avec quelques-uns des témoins directs.
Le film « L’enfance sauve », produit par France 3, retrace l’histoire de juifs déplacés de la zone nord vers le Limousin, situé en zone libre. Jusqu’en novembre 1942, ils commencent par constituer un tissu communautaire et s’intègrent à la société environnante ; des hôtels sont investis par les familles, des internats par les jeunes élèves, des sociétés d’entraide interviennent dans les secteurs médical, social et professionnel. Lors des rafles de l’été 42, puis de l’invasion par les forces allemandes de la zone sud, des personnes sont arrêtées et internées. Associations et familles s’organisent pour dissimuler au mieux les enfants. Certains seront placés dans une pouponnière ou dans des maisons d’enfants, d’autres placés chez des particuliers qui braveront le danger, malgré les risques encourus de dénonciation et d’arrestation. Images d’archives, photos d’époque, témoignages d’historiens et surtout de quelques-uns de ces anciens enfants. Ils se souviennent et racontent la tristesse, la peur, l’espoir ou le désespoir de retrouvailles impossibles et aussi la vie dans le dénuement où l’on s’étonne de tout ; à l’image de ce fruit inconnu dont Michel met le noyau en terre et qui germera dans le jardin de la maison dont il ne sortait jamais.
Ce film très émouvant, présenté par Tessa Racine, la réalisatrice, et 2 témoins a résonné très fort chez les anciens qui ont pu évoquer leur histoire personnelle et leurs souvenirs ou, au contraire, l’absence de souvenirs, le black-out pour oublier l’horreur, la séparation et la disparition ou encore la douleur des retrouvailles. L’émotion était aussi très vive chez les jeunes qui assistaient à cette rencontre. Ils ont pu formuler leurs interrogations profondes sur ces vies brisées, comment trouver la force pour se reconstruire et pourquoi le silence de Dieu pendant ces évènements.
Cette rencontre intergénérationnelle démontre tout l’intérêt et la force de la transmission par les témoins eux-mêmes aux jeunes générations. Tout n’a pas été dit, les témoins veulent encore parler et les jeunes générations par leur écoute donnent à leurs aînés une empathie et un amour qui leur avait fait défaut. Le Casip-Cojasor, et son service des rescapés, très investis dans ce type de programmes s’engage donc sur cette voie et renouvellera cette émouvante magnifique expérience!