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Au Casip-Cojasor : les juifs tunisiens et le sionisme
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A l'initiative de SEPIA et du service pour les survivants de la Shoah de la Fondation Casip-Cojasor, plus d’une centaine de personnes âgées ont assisté le 19 Octobre à une conférence de M. Maarek sur "Le sionisme en Tunisie : apparition et développement du mouvement (des origines à la création de l'Etat d'Israël en 1948)".
De façon rigoureuse et pédagogique, Albert Maarek, diplômé universitaire d’histoire à la Sorbonne, a retracé le parcours identitaire particulier des Juifs de Tunisie.
La Tunisie devient, dès le début du 20ème siècle, un vrai champ de bataille idéologique, un véritable terrain de débats portant sur le destin juif : les juifs assimilationnistes détiennent leur propre journal et s’expriment plutôt en faveur de la naturalisation française, dans une Tunisie sous protectorat français.
Au sionisme modéré d’Alfred Valensi, s’oppose le sionisme révisionniste du sfaxien Felix Alouche. Ces dissensions idéologiques vont évidemment avoir des répercussions sur la jeunesse juive tunisienne, de plus en plus politisée au sein de mouvements militants, l’ « Hachomer Hatzair », sioniste de gauche, ou le « Betar », droite révisionniste. Puis survient l’occupation de la Tunisie par les Allemands de novembre 1942 à mai 1943, le rejet des Juifs de Tunisie hors de la communauté française : une blessure indélébile pour ces « Israélites » tunisiens qui, même sionistes, croient encore intensément aux valeurs de la République des Droits de l’Homme.
Enfin, l’indépendance de la Tunisie en 1956 décide les juifs à partir: 50 000 juifs tunisiens iront effectivement en Israël, et 50 000 autres s’installeront en France. Après cette conférence, les interventions du public sont nombreuses sur l’attitude des Tunisiens pendant la Shoah ; fallait-il rester, fallait-il partir ? Vers Israël ? Vers la France ? Quelle conception du sionisme pour les jeunes générations de juifs aujourd’hui ? Comme en témoigne cette rencontre au Casip-Cojasor, le débat continue au sein du peuple juif, toujours vivace, toujours vivant.
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