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Prix Caroubi 2015 décerné à Caroline Fourest

On pourrait se demander pourquoi le Prix Lucien Caroubi qui défend la tolérance, l'entente entre les hommes et la paix revient à un ouvrage au titre si provocant ?

En cette année, marquée par les attentats du mois de janvier, il a semblé naturel aux membres du jury de prendre en compte ces événements tragiques ainsi que les perspectives d'espoir ouvertes par la journée du « 11 janvier ».

C'est sur ce moment que débute l'ouvrage de Caroline Fourest, qui fut très proche des victimes de Charlie Hebdo et qui s'inquiète des voix qui s'élevèrent très rapidement pour mettre dos à dos le « blasphème et les massacres », comme si l'un pouvait expliquer voire justifier l'autre.

Sans prendre de gants - ce qui lui a valu de nombreuses critiques - l'auteure s’attaque à ceux fiers de "ne pas être Charlie" ou de s'en éloigner, aux initiateurs des épuisants procès contre Charlie Hebdo lors des "caricatures", aux lâches médias anglo-saxons, à l'aveuglante vision dominants / dominés qui cherche des raisons, voire des excuses, au terrorisme et au concept dévoyé et volontairement intimidant d'islamophobie qui « fait croire que résister au fanatisme relève du racisme ».

C'est bien un message de tolérance que lance avec courage Caroline Fourest, car elle rappelle qu'on peut critiquer les religions sans s'attaquer aux individus et que « le blasphème n'est pas la haine ». Elle considère même que « les excès des blasphémateurs sont le test de nos libertés » (...) « à condition de ne pas confondre liberté d'expression et défouloir ».

En conclusion, se souvenant de ce « tendre et pacifique « 11 janvier », Caroline Fourest dessine « un monde où l'on continue à se parler malgré nos disputes, où les croyants et les non croyants sont à égalité, où toutes les religions majoritaires et minoritaires s'expriment sans privilèges où l'on peut rire de ce qui nous fait peur et donc tenir tête ensemble aux plus violents".

C'est bien un livre contre l'intolérance qui se termine par le mot "paix" que le jury, fidèle aux vœux de Lucien Caroubi, a voulu honorer.

Le prix a été remis prix le 15 décembre à 18h30 à la Fondation Casip-Cojasor – 8, rue Pali-Kao 75020 Paris. Le prix Lucien Caroubi d'une valeur de 3 000 euros est attribué tous les deux ans. Il est décerné à une oeuvre qui inspire la paix et la tolérance entre les hommes et géré par la Fondation Casip-Cojasor. Les membres du jury sont : Daniel BACRY, Karen FREDJ, Olivier JAOUI, Michel KHAYAT, Claude LOIN, René LUGAND, Jacques MAJER, André NAHUM, Béatrice ROSENBERG, Eric de ROTHSCHILD et Donald UZZAN.

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