Action sociale du Casip
Benevoles du Casip

« Les jolies colonies de vacance »

Au début du XXe siècle, la tuberculose surnommée «peste blanche» fait des ravages (100 000 décès par an en France). Maladie de la pauvreté, elle se répand dans les milieux populaires et pose de graves questions de santé publique.

Pendant la Première Guerre mondiale, un mouvement issu des USA, accompagne la France dans l’organisation de la défense antituberculeuse et tente de trouver les moyens de soigner la tuberculose. On recherche alors des sites à plus de 1000 mètres d’altitude proches de forêts de conifères pour y créer des sanatoriums. On croit aux vertus de l’oxygène émis par les sapins, pour donner les conditions favorables au traitement climatique de la tuberculose dans des endroits bien exposés au soleil et exempts de brume.

A l’instar d’autres œuvres de bienfaisance, le Comité de bienfaisance israélite de Paris (CBIP) permet, à partir des années 1920, à ses bénéficiaires qui souffrent de la tuberculose de séjourner en sanatorium. Les administrateurs du CBIP considèrent qu’il est tout aussi nécessaire de soulager et de guérir que de prévenir les familles de la contagion du terrible fléau. C’est pourquoi, ils veillent à assurer plus d’hygiène au sein des foyers des bénéficiaires en multipliant les secours des loyers. Ils envoient également des enfants à la campagne et dans des colonies de vacance. Durant les séjours de vacance, on enseigne aux enfants les règles de base d’hygiène de vie. L’objectif est d’éloigner pour un temps les jeunes écoliers de l’air peu sain des agglomérations. A cette vision strictement hygiéniste marquée par les représentations de l’époque s’est ajouté une dimension éducative à partir des années 1960.

Après la Seconde Guerre mondiale, envoyer les enfants en colonies de vacance n’est plus une préoccupation majeure des dirigeants du CBIP et du Cojasor qui vient d’être créé, d’autant que la vaccination contre la tuberculose s’est largement rependue. L’urgence est de venir en aide aux survivants de la Shoah.

Service familial

Ce n’est qu’à partir des années 1960 que l’envoi d’enfants en colonies de vacance redevient une priorité pour le CBIP. Les nouveaux arrivés en France venus d’Afrique du nord sont parfois très démunis tant sur le plan matériel que sur le plan des capacités d’adaptation. Il faut, tout d'abord, agir au mieux pour que les parents retrouvent les possibilités de « vie normale ». La scolarité des enfants, de leurs loisirs, où de leur séjour en colonie de vacances sont d’autres priorités pour les assistantes sociales. L’aide financière accordé par le CBIP consiste non seulement à financer les séjours mais aussi à fournir les vêtements nécessaires durant les colonies. Ces séjours permettent souvent une acclimatation et une intégration efficace des nouveaux arrivés dans le pays qui les accueille. C’est aussi pour eux l’occasion de se retrouver dans un cadre éducatif et culturel Juif, laïque ou religieux, selon leurs désirs.

Aujourd’hui la Fondation Casip-Cojasor continue à aider des familles à financer des séjours en colonie de vacance, convaincue que c’est un moyen de promouvoir le développement des enfants, au niveau émotionnel et éducatif.